Courson 1: narcissisme suffisant

La question n’est pas de s’aimer soi-même, elle est de se supporter assez pour oser continuer à écrire.
Je dois m’efforcer d’acquérir un narcissisme suffisant ‒ dans le sens de la grâce suffisante des jésuites ‒ obtenu au prix d’efforts et de bonnes oeuvres.

Je contemple d’abord mon nom et je gratte :

Courson ― il en faut beaucoup pour obtenir long son.

02nyijuqg7dij_375x500C’est pourquoi je consulte longuement ma Bouteille, qui me rappelle que le courson (on dit aussi coursonne), est une branche à fruits, taillée à 2, 3 ou 4 yeux. Il existe des coursons de vigne, de pommier, et de tous les arbres fruitiers. Ne dois-je donc pas produire du bon cidre et du bon vin si je me taille correctement ? Je pourrais même me bâtir une épopée personnelle si je voulais faire oublier qu’en ne déplaçant qu’une lettre courson donne sans particule « ours con » et avec particule « queue d’ourson ».
Que la langue est fâcheuse !

Mais en ne déplaçant également qu’une seule lettre, coursonne devient couronnes, et me voilà Comtesse, vengeant mon féminisme atteint par l’arbre généalogique où les noms des femmes ne sont que les initiales d’un ventre.
Que la langue est magique !

Et selon Robert (pas le Robert de Courson qui a écrit une histoire glorieuse et fantaisiste de la famille), selon Robert le Dictionnaire, le courson est une « branche d’arbre fruitier qui a été taillée court pour que la sève s’y concentre ».

Court son pour sève et pour fruits
si je me taille correctement.
Cela est juste et sévère.

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