La C…rie

2016-02-25 12.07.33Chose navrante à force de ne plus l’être : à Merville, la maison « La Caenerie » qui était couverte de chèvrefeuille, entourée de pins maritimes torsadés par le vent, est si abandonnée qu’elle en a perdu son charme de maison abandonnée. Les moignons des pins coupés sont exsangues, grisâtres, piqués des vers, et le chèvrefeuille n’est plus qu’une empreinte de filament incrusté hiver comme été dans le mur.

Quand je passais sur la route devant La Caenerie, j’entendais derrière les pins des silhouettes qui sortaient, des transats qui claquaient, des assiettes qu’on empilait, des projets d’extension, et j’avais envie de voir et d’écouter.
Maintenant je peux voir.

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Plus qu’une maison abandonnée, on dirait la maison gribouillée d’une famille brusquement fendue puis sourdement rongée.

2016-02-23 14.06.47Autour de la maison je me sens enveloppée d’un brouillard sale et pénétrant. Puis je crois entendre les débats pingres qui se sont tenus sous cet abat-jour jaunasse, les conciliabules mesquins murmurés derrière le papier de mur  vert asperge de la Caenerie, et ma mélancolie se résout en ricanement.

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