Diverticules et homuncules

Robert : le diverticule est une cavité anormale communiquant avec un organe creux : diverticule du côlon.
Parmi les mots à suffixe « -cule » que le latin nous a laissés, c’est un des plus ridicules. Pendant que le chirurgien racle et fait analyser des polypes rampants, un asticot se tortille de rire dans les boyaux.

Deux noms communs se terminant par « -cule » ont une incontestable noblesse : crépuscule et majuscule, mais pour le reste ? Il y a des mots dont le son macule le sens, comme réticule ou monticule, et d’autres dont le sens macule le son, comme macule, justement.

Le son macule le sens et vice-versa, c’est l’idée qui se dégage de ce billet. Et quand j’écris : « se dégage », je respire une odeur lourde et un bourdonnement de mouches coprophages. Tout, au voisinage de diverticule et de macule, est contaminé, encloaqué. Chaque mot ouvre une poche nauséabonde et tout plonge dans la dissolution.

Pour sortir de l’égout sans sortir du sujet je connais deux écrivains (trois, si on compte Pierre Michon et ses Vies minuscules), qui aiment ce suffixe : Le premier est Beckett avec ses dramaticules, restes de drames, lambeaux de drames, cendres de drames, pour « finir encore ». Le second, Jules Renard, use d’un dénigrement moins tragique et plus rosse avec ses homuncules, petites gens pleutres ou avares à tête branlante ou jambe de bois.

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