L’été dans les cours

De mon lit j’entends deux musiques superposées provenant de deux lieux différents. L’une est plus forte que l’autre mais elle a par hasard des liens puissants avec celle de derrière qui l’enveloppe. C’est la plus forte qui semble être l’écho de la plus faible. On dirait que la plus forte est poussée par la plus faible, ou que la plus faible est l’éminence grise de la plus forte.

Cela me renvoie à des temps plus anciens où de mon lit à Madrid j’entendais des conversations de cuisine au rythme des fourchettes battant les œufs et d’autres bruits de vaisselle. Il y avait une voix forte, un peu criarde, et une voix presque inaudible derrière. La voix forte était en suspension, en lambeaux, attendant d’être rechargée par le murmure de la voix douce.
Tristesse quand, la préparation du repas terminée, j’entendais le bruit d’une fenêtre que l’on ferme.

Ce contenu a été publié dans Istmica, Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *