Feuilleton des comparants et des comparés, 5ème et dernier épisode : comparés tout court

J’ai fabriqué, dans les quatre épisodes qui précèdent, des comparants amputés de leurs comparés. Il faut maintenant que je passe à autre chose.

un-beau-jardin-de-bambous

Et les comparés sans comparants ? Un objet qui a une présence suffisante pour se passer de comparaison ?

Une touffe de bambous.

Dans la tempête je les vois se tordre, malmenés par le vent. Ils se couchent sur la gauche, se redressent, oscillent dans plusieurs directions, solidaires dans leur résistance au vent.

Et ça y est, j’ai dit « solidaires », « résistance ».  J’ai comparé sans faire exprès ma touffe de bambous à une armée de partisans, c’est la langue qui veut ça. Et demain je les comparerai aux membres d’une tribu qui s’entrelacent sans distinction de taille, d’ancienneté, de volonté de sortir du lot, dans une égale capacité à accueillir la pluie, la neige, les oiseaux, les serpents, les coccinelles et les araignées. Ma sympathie pour les bambous les fait crépiter comme des comparés qui deviendront comparants quand j’irai voir les vagues de la mer.

Des bambous comparants-comparés-comparants.

La tête m’en tourne et les bras m’en oscillent.

Bientôt je pourrai parler sans contorsions de la mort de papa. Les comparants se mettront où ils voudront.

Ici se termine le pseudo-journal d’écriture tenu il y a quelques années.

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