La course des fourmis

Ces photographies appartiennent au site des éditions Isabelle Sauvage, lien en fin de billet.

“Les choses ne se font pas toutes seules” : cette phrase, prononcée par les gens affairés dont les gestes efficaces semblent adresser un reproche à tous les rêvasseurs, m’a toujours rendue un peu honteuse et agacée.
Je crois avoir affirmé ici même, munie d’une citation providentielle de Jean-Paul Michel, que dans l’écriture les choses se font toutes seules ( voir lien en fin de billet).

Mais je viens de tomber par hasard sur un échange de mails avec l’éditrice de mon récit À bout qui m’invite à quelques nuances. Il est vrai, finalement, que les choses ne se font pas toutes seules. Mais quand vous faites ce qui vous passionne et que vous êtes supervisé par des gens également passionnés vous l’oubliez très vite.

Voici ce que j’écrivais à Sarah Clément des éditions Isabelle Sauvage en septembre 2019 :

Chère Sarah,

Mon travail de relecture-corrections est, je crois, accompli, et je te renvoie les épreuves dans le courant de l’après-midi, ou au plus tard jeudi matin.
Je te résume les principales modifications que j’ai apportées :

1. Manières de transcrire les paroles d’About : c’est ce qui m’a demandé le plus gros travail (et te demandera peut-être beaucoup de travail à toi aussi…) car je ne voulais pas rester dans l’approximation après tes justes remarques. Voici ce que j’ai établi pour unifier la ponctuation :
Toutes les paroles d’About apparaissent maintenant sans tiret de dialogue. C’est une parole à part qui surgit comme ça, et bien sûr en italique.
A l’intérieur de ses répliques, je distingue 3 cas :
– Quand il est lucide, la ponctuation est normale (plutôt exclamative et suspensive).
– Quand il est égaré ou flou, j’élimine la ponctuation et propose des intervalles de 5 espaces entre les mots (ex. p. 30, à propos de “la chose noire”). On peut choisir 4 ou 6 plutôt que 5, mais il serait bien que ce soit toujours le même.
– Quand il est en proie à un délire parano : je mets des tirets longs entre les phrases (ex. p. 61). (…)

Il y a ensuite cinq autres points de correction que j’épargne au lecteur. Ce qui m’a émue, hier, en retrouvant ce fichier, c’est la manière dont j’essaye d’apprivoiser au fond de moi la démence de mon père par un choix minutieux de caractères et d’espaces typographiques.

Cette émotion, bien sûr, ne doit pas me faire oublier qu’il faut, ce dimanche matin, que je fasse les poussières et passe l’aspirateur, car les choses ne se font décidément pas toutes seules.

  Mais pas avant d’avoir déchiffré les caractères d’un    beau et mystérieux poème dont le site de l’éditrice ne me donne pas l’auteur :

le vent caresse

sur la dalle devant le phare

la course des fourmis

solitude rouge de l’île

saurons-nous

https://editionsisabellesauvage.fr/

Les choses se font toutes seules

 

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3 réponses à La course des fourmis

  1. Dany Pinson dit :

    Dans la casse 8 caravelle maigre, tout un monde de rêves, de poèmes, de souvenirs, d’émotions en devenir.
    Ce plomb essentiel transmuté en esprit, n’est-ce pas fascinant ?

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