Verheggen

Jean-Pierre Verheggen, le grand poète « Prix de Gros » (Un jour je serai prix Nobelge), est pour nous par tous les temps une mine d’épigraphes et d’épigriffes grenues et saugrenues :

  •  « Quand l’écriture me dimanche, je gratte toute la semaine. » (Un jour je serai prix Nobelge, Gallimard, p. 103).
  •  « Que l’on soit persona grata ou persona non grata, quand le prutit nous démange, on s’gratte. » (Ça n’langage que moi, Gallimard, p. 78.)
  • -« Deo gratias
    Dieu aussi se gratte. »
    (« Craduction » tirée de Ridiculum vitae, Poésie/Gallimard, p. 165.) À graver au fronton de tous les lieux de culte.

Verheggen.29.04

Pierre à épigraphes, Jean-Pierre Verheggen, et non à épitaphes malgré « l’humort » qui parcourt son dernier livre d’auteur « mélancomique ».

Et voilà que l’envie de lui écrire un petit cordial me dimanche moi aussi.
Grattouillons un brouillon, ça n’langage à rien et ça me fait du bien :

Cher Verheggen,

Ne mettez pas votre verge verve en gaine et en burne berne !
D’ailleurs vous n’êtes pas helvète,
on ne vous voit pas beaucoup non plus vers Enghien (trop long),
on vous trouve plutôt vers Gand,
car votre veine est belge et vergeoise (non, sa veine est salée, au contraire), et hergeoise et grivoise !
Vous êtes vert et gai !
La Vigueur-heggen même !
Votre verbe éveille Françoise,
notre vieille langue françoise
qui sans vous s’effrange et se languit !
Alors, durez et verdurez. (Ah non, pas de « verdurez » ! Pas de vers du nez ― à une lettre près ― pas d’asticots verts pour le poète que je veux requinquer ! Et moi avec ! Ah que la langue est retorse ! Pas de Verdurez-Verdurin de Proust que je ne veux pas inviter ici, du côté de chez Françoise ! Même pas la Françoise de Marcel, mais la meuf à Boby Lapointe, celle dont on voit la petite culotte quand elle s’accroupit « pour cueillir ces répugnantes framboises dégueus » dans Sodome et Grammaire, p. 54 !
Cet hommage tourne en eau de boudin. Comment sortir mes pieds de ce plat, de ce plat plagiat pavé de dérisoires bonnes intentions ?)

― Eh bien jactez, dégoisez, logorrhez, glossolaliez, griffolaliez − un verre dans le nez − Rabelais-eggen !
Jean-Pierre, mitonne-nous tes fouaces et tes frites, tes andouilles et tes fricadelles, ton haricot de Soissons, tes ragnagnas d’Ankara et tes claouis à la Tyrolienne.
Ta grosse barbe, tes contrepets et tes à-peu-près nous réconfortent aujourd’hui, ami Verheggen.

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