Notes d’avril

Note parisienne

Quand cesserai-je de prendre un air amène quand je vois dans la rue des personnes qui cherchent leur chemin ? Quand admettrai-je que, n’ayant aucun sens de l’orientation, je vais les fourvoyer et m’en repentir pendant des semaines ?

Mais j’adore renseigner les gens, c’est irrésistible.

Photo Wikipedia

Je reviens du marché Bastille avec mon sac plein de calamars, d’asperges et de fraises. Beau temps, beaux arbres, beau printemps. Au carrefour Richard Lenoir-Voltaire je vois un homme accompagné de deux fillettes, qui tourne son téléphone dans tous les sens.

C’est lui qui m’adresse la parole, dis-je à ma décharge : « Où est le métro Saint-Ambroise s’il vous plaît ? » Une bouche de métro se trouve dans son dos à vingt mètres, sur le boulevard Voltaire, dissimulée par l’immeuble d’angle. Mais je trouve le moyen de ne plus le savoir. Je le dirige sur le boulevard Richard Lenoir où l’on voit de loin l’église, vers le jardin qu’il devra traverser sur plusieurs centaines de mètres pour atteindre le métro. Je suis si joyeuse que je lui dis : « Je vais vous accompagner un peu », ce qui me fait rebrousser chemin avec mon gros sac plein de calamars, de fraises et d’asperges.

En marchant j’apprends que les deux fillettes s’appellent Cosima et Isadora.

Aujourd’hui mon remords  s’estompe et il me reste l’enchantement de ces deux prénoms.
Et puis, Cosima et Isadora ont peut-être fait de la balançoire, du toboggan, des barres parallèles dans le jardin pendant que le père s’asseyait sur une grume d’arbre en contemplant son téléphone ou le jardin partagé.
Alors ?

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Note normande

Il fait si beau ce matin sur la plage que je me laisse séduire par tous les galets que je ramasse et dispose sur une bûche qui traîne. Unetelle a deux grands yeux caves, on voudrait croire que c’est une agate et je la prénomme Agathe. Untel ressemble à un bonnet de lutin avec une pointe et je le prénomme Esperlu. Le petit devant s’appelle Mont-Blanc et ceux qui se cachent derrière la bûche, superposés comme des amoureux, s’appellent Charybde, Cléophile, et je ne sais plus comment. Je fais une photo de famille et en les quittant j’ai une petite nostalgie.

Je me demande ensuite ce qui m’attache aux mouettes pour que ce blog se nomme Patte de mouette. Les mouettes sont en effet criardes, querelleuses, poissardes, grégaires, au lieu d’être primesautières et flûtées comme on aime que soient les oiseaux.

C’est peut-être littéraire ? Tchekhov, Verlaine ? Mais c’est surtout leur résistance au vent, l’art de voler haut et loin, de plonger, de ramasser des coquilles, de les lâcher, de les reprendre jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent. En somme : envergure et ténacité.

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Deux notes de mars

Je sais trop

Je sais trop d’où je viens
et ce n’est pas moi
d’où je viens n’est pas moi
et pourtant

Bonhomme de chemin

Il y a une jolie expression que l’on n’entend plus beaucoup en français : suivre son petit bonhomme de chemin. Selon le dictionnaire CNRTL, c’est “ne pas se détourner de la conduite qu’on a commencé à tenir”. C’est avancer seul en plaçant nous-mêmes nos  cailloux sur notre route. Et  j’ai envie de relire Le Petit Poucet.

Gustave Doré, gravure pour les Contes de Perrault.

Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons. L’aîné n’avait que dix ans et le plus jeune n’en avait que sept. On s’étonnera que le bûcheron ait eu tant d’enfants en si peu de temps ; mais c’est que sa femme allait vite en besogne, et n’en faisait pas moins que deux à la fois.

Ce détail inattendu − pas très obligeant pour la bûcheronne et pas très utile pour la marche du conte − m’a fait éclater de rire. Car suivre son bonhomme de chemin quand on écrit et quand on lit, n’est-ce pas aussi divaguer, flâner, se laisser surprendre, s’arrêter ici ou là pour cueillir des cornouilles et des mûres ?

 

 

 

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Chez le médecin traitant

Le docteur F. me reçoit en s’inclinant légèrement devant moi – depuis le covid il ne serre plus la main. Je m’assieds en face du capot de son ordinateur et tends sur le côté ma carte vitale. Le dialogue commence dans un léger cliquetis de clavier : « Alooors… voyons un peu… y veut pas… ah voilà… je clique… aaalleeeez… ça vient ?… dépêche-toi… tac-tac… alors… ce dossier ?… non, c’est pas ça… tactactac… alleeeeez… y prend son temps… j’ai dû le réinitialiser récemment… y bugge… ah si, le voilà… tam… tamtam… tatatam… ooooooké, on y est. » Puis, levant les yeux au-dessus du capot : « Alors… Oui… je vous ai vue le 12 mars 2025… qu’est-ce qui vous amène ? » Et d’un air engageant : “Dites-moi tout”.

                                                                               ***
Dans son roman documentaire consacré à l’hôpital psychiatrique en 2021, Joy Sorman remarque :

Les soignants ont coutume de dire que l’administration des traitements est un moment essentiel, pour parler aux patients, scruter les visages, s’enquérir des effets secondaires. Mais (…) désormais chaque soignant doit tracer dans un logiciel la délivrance du médicament au moment précis où elle a lieu. Ce geste – tendre un cachet et regarder le patient dans les yeux en prenant le temps d’une phrase cordiale – est devenu impossible. Il s’agit maintenant d’administrer, puis aussitôt cliquer, cocher, valider, soumettre, envoyer, enchaîner avec le patient suivant.

Heureusement que je ne suis pas en psychiatrie.

Sans compter les fuites récentes de données médicales d’environ douze millions de personnes vers le Dark Web en France, souligne justement Marie-Claude San Juan…

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Dernières traces de février

Laissons là les aigreurs hivernales et allons vers ce rayon que j’attrape au vol  sur mon bureau.

Traces de mouettes

Commençons par ce poème de Pablo Neruda (extrait de Veinte poemas de amor), envoyé par mon ami François Le Guennec, que je remercie :

Para que tú me oigas
mis palabras
se adelgazan a veces
como las huellas de las gaviotas en las playas

Traduction sommaire :
Pour que tu m’entendes
mes mots
s’amenuisent parfois
comme les traces des mouettes sur les plages

Pulsation du temps

Il y a des personnes que le son des cloches rend mélancoliques. J’aime au contraire entendre les cloches qui scandent le temps et le répandent dans l’air

comme des citations que j’attrape au vol :

J’aime mieux le temps s’il se montre que s’il passe en nous sans bruit comme un voleur dans la nuit.

Merci à Marie-Paule et Raymond Farina d’avoir fait tinter cette phrase de Jean Tardieu.

Christiane Veschambre

Dans Leurs âmes brûlantes ‒ son dernier livre ‒ Veschambre  s’attache à quatre héroïnes de films qui sont déjà apparues çà et là dans son oeuvre : Mouchette de Bresson ; Gertrud de Dreyer ; Les Filles d’Orouët de Rozier ; L’Aventure de Madame Muir de Mankiewicz.

Elle balaie tout de suite les clichés contemporains : ses héroïnes ont été imaginées par des cinéastes hommes et ne sont pas des femmes puissantes. Ce sont des femmes qui  obéissent “à la vie qui exige” et vont jusqu’au bout. Des femmes à “l’âme brûlante”, poussant “l’invisible braise du feu extrémiste”… et Veschambre ajoute modestement : ” qui couve, si ralenti, en mon âme prudente”.

Mouchette est celle qui me captive le plus. Son histoire de petite paysanne en galoches entre en résonance et parfois se confond avec celle de Marie Turbin, la grand-mère de l’autrice, femme en sabots silencieuse, sans alphabet, à qui on lançait des pierres parce qu’elle avait fauté. Marie Turbin “ne renvoyait pas les cailloux qui lui étaient lancés”, mais sa fille, produit de la “faute”, opposait aux moqueurs, comme Mouchette, “un regard qu’on n’osait pas caillasser”.

C’est avec ces présences muettes que Christiane Veschambre écrit. Que l’on écrit.

Sur le même thème,  voir ici  : https://patte-de-mouette.fr/2021/11/01/la-muette-suite-du-billet-du-29-octobre/

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Autre trace de Quignard

Dans l’émission de France Culture dont je parlais ici la semaine dernière, il y a autre chose que je digère mal. Pascal Quignard dit que Montaigne n’aime pas du tout Platon, et que lui non plus : « Je ne supporte pas la dialectique. Ce ne sont que des altercations. Les gens se disputent, je déteste ça. »
Platon et Don Quichotte, ça fait beaucoup d’insupportable…
Mais d’abord, est-il assuré que Montaigne n’aime pas les « altercations » de Platon ?

Je lis dans les Essais, Livre II, chap. 12 :
Platon me semble avoir aimé cette forme de philosopher par dialogues à escient pour loger plus décemment en diverses bouches la diversité et variation de ses propres fantaisies. Diversement traiter les matières est aussi bien les traiter que conformément, et mieux : à savoir plus copieusement et utilement.

Pascal Quignard apprécie d’autre part en Montaigne la démarche libre « à sauts et gambades » qu’il reconnaît aussi chez le poète japonais Bashô. Et je retrouve ce texte célèbre dans les Essais (Livre III, chap. 9) :

J’aime l’allure poétique, à sauts et à gambades: c’est une art, comme dit Platon, légère, volage, démoniacle.

Tiens, encore Platon !

Mais la bonne humeur de Montaigne commence à me faire oublier cette malheureuse émission de radio car je lis, dans le Livre II des Essais – où il est aussi question de l’intelligence animale la façon parfaite dont les animaux se font entendre, avec le récit d’un éléphant amoureux d’une bouquetière et qui sur le marché lui offre des fruits :

Il ne la perdait de vue que le moins qu’il lui était possible, et lui mettait quelquefois la trompe dans le sein par-dessous son collet, et lui tâtait les tétons.

Photo Wikipedia

Photo Wikipedia

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Deux petites traces de février

Ce blog contient parfois des traces de choses vues ou de mots entendus au vol…

Maruja Mallo, “Huella”, 1929

Prélétal                                                                                                              Pour Yoyo   
… ou au contraire de mots jamais entendus et surgissant soudain dans une conversation.
C’est le cas de l’adjectif prélétal, absent des dictionnaires dont je dispose. Pourtant, cet état situé aux abords de la mort est tout aussi important et mystérieux que l’état prénatal. Que pense-t-on, que se dit-on, que sent-on dans cette lisière-là ? Les personnages des romans français ont parfois des paroles prélétales définitives, pathétiques ou spirituelles, alors que j’imaginerais quelque chose d’interrogatif ou de rêveur comme chez Maeterlinck, Vesaas et Jon Fosse que je lisais ces derniers temps. ♠

                                                                  ********

Sur France culture…                                                                                  Pour Tatiana
… j’entends Pascal Quignard faire un bel éloge du poète japonais Bashô. Et puis, en fin d’émission, il affirme que s’il y a une œuvre qui lui déplaît, c’est Don Quichotte, car “je n’aime pas le dénigrement, je n’aime pas les auteurs qui se moquent de leurs personnages”.

Ceci me fait comprendre pourquoi je n’aime que modérément Pascal Quignard : il n’y a pas de gaieté en lui.

♠Wikipedia propose une liste d’ultima verba célèbres, de Socrate à Marlon Brando, incluant des personnages de fiction : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ultima_verba#:~:text=%C2%AB%20J’irai%20sous%20la%20terre,Arthur%20Rimbaud%2C%20mort%20en%201891.

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En lisant, en comparant

Quand je lis en espagnol, je suis emportée par le caractère direct et concret de nombreuses expressions que le français traduit pâlement.
On reconnaîtra que « hacer de tripas corazón » (“faire de tripes coeur”, c’est-à-dire  “transformer les tripes en cœur”) a plus de vigueur que ” faire contre mauvaise fortune bon cœur”.
Et que “una dedicatoria de puño y letra” (“une dédicace de poing et de lettre”) a plus de muscle qu’une “dédicace manuscrite”.

Mais Valère Novarina vient curieusement me réconcilier avec le français à travers le hongrois. Sa mère, sans savoir parler cette langue, lui chantait – quand son père était absent – une chanson hongroise “poignante et hermétique” qu’avait composée jadis à Genève pour elle un éphémère fiancé repoussé par le grand-père, reparti en Hongrie, puis mort à Auschwitz.  Novarina rapproche de notre langue ce hongrois radicalement étranger qui le fascine :

Hongrois et français s’étendent, s’épandent, se déversent : deux langues faites pour aller loin, faites pour aller profond – non par les soubresauts de l’accent tonique et l’agitation continue, mais par l’amplitude rythmique et l’embrassement respiratoire.

Et :
Deux langues embrassant large, prenant l’espace, amples – non agitées de vagues rythmiques – puissantes et fortes, non troublées de mouvements de surface, non mouvementées par ces petites vagues que ne cessent de faire l’italien, l’allemand, l’espagnol, l’anglais, etc.

Trouver “une langue inconnue”, comme dit le titre du livre, c’est peut-être retrouver au fond de soi le Hongrois prénatal, déracinant et maternel à la fois.

Ceci ne m’empêchera pas d’aimer les tripes et les poings espagnols, quelles que soient les “petites vagues” qu’ils soulèvent. Dans ce même livre, Novarina se délecte d’ailleurs des patois savoyards qui, pleins de mouvements de surface, varient d’une vallée à l’autre et sont comme “des empreintes d’animaux en nous”.

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Interrogations

Je parlais l’autre jour ici des répétitions inquiètes du théâtre de Maeterlinck qui laissent entrevoir un tragique quotidien. Dans la petite pièce Adieu à l’arbre de Tarjei Vesaas, ce sont les interrogations qui scandent le texte et nous mettent, comme les personnages, en constante alerte. Une mère guette la fin de sa vie sous le grand arbre qu’elle ne veut pas quitter,  et son fils inquiet la questionne dès le début : « Mère ‒ Tu n’entends pas, mère ? (…) N’es-tu pas assez près ? (…) Tu vas donc rester assise ici ce soir ? » La mère questionne à son tour le fils : « Tu es fatigué, Skjalg ? (…) Tu vois quelqu’un sur la route ? »

Jusqu’à la dernière page, la lutte de la mère contre son départ « par la porte sombre » sera une interrogation : « Vous n’entendez pas que mon arbre se rebelle si bien que toutes les feuilles s’étirent ?» Autant de questions, autant de silences  vibrants : « Vous ne voyez pas de quelle porte il s’agit ? »

Jusqu’à ce que la mère abandonne : « Non, mais − (Puis plus rien.)» Le fils tente à son tour de dire : « Écoute –». En vain. Les interrogations qui soutenaient la vie et créaient le contact laissent place à la barre des tirets, comme une porte sombre qui se ferme.

Pour présenter ce texte qui mérite bien plus que mon bout de lorgnette, l’éditeur et co-traducteur Olivier Gallon écrit en quatrième de couverture :  Soit ici un poème sous forme dialoguée : en cette façon, à l’instar de l’arbre lui-même, d’aller puiser loin dans les mots les ressources cachées de la vie, tandis que celle-ci se trouve confrontée à sa fin approchant, où elle s’affirme et s’engouffre.

(J’ai entendu dire aussi qu’un numéro de la revue Europe pourrait mettre Vesaas à l’honneur au printemps prochain. )

 

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La répétition (avec Jon Fosse et Maeterlinck)

J’ai lu récemment des textes de Jon Fosse et de Maeterlinck dont les personnages répètent, se répètent.

 

 

 

 

 

 

 

Chez Jon Fosse, le narrateur répète des phrases avec des variantes, comme une pensée qui pose un objet, s’en écarte un peu, y revient. Un ressassement calme et une progression par avancées et reculs successifs. Un continuum sonore. Un long fjord.

Chez Maeterlinck, la répétition de mots et de phrases est agitée, introduisant une profonde inquiétude. « Ne me touchez pas ! ne me touchez pas ! », dit Mélisande à Golaud dans la forêt. Même quand les personnages n’ont pas de raison de s’affoler, la répétition est exclamative, essoufflée, préfigurant un drame obscur. Dès la scène 1 de Pelléas et Mélisande, les premiers mots, dits par des servantes, sont : « Ouvrez la porte ! Ouvrez la porte ! ». Puis : « Ouvrez donc ! Ouvrez donc ! », quand personne n’est réellement enfermé et qu’il s’agit simplement de préparer une « grande fête ».

L’auteur dit, dans un entretien avec Adolphe Brisson qui lui demande la raison de cette tendance à répéter :

Il n’y en a aucune. Les paysans de chez nous (…) ont coutume de prononcer plusieurs fois les mêmes épithètes ou les mêmes verbes. Cette habitude donne à leur discours un caractère de gravité tout à la fois puéril et sentencieux. Je m’en suis inspiré, jugeant qu’un personnage de légende avait quelque affinité avec un homme des champs et pouvait parler la même langue…(1)

C’est vrai, mais les répétitions inquiètes de Maeterlinck ne concernent pas que les hommes des champs. Elles participent de ce qu’il appelle dans Le Trésor des humbles “le tragique quotidien” (2). Elles sont chargées de silence et laissent deviner une invisible vérité.

Elles me fendent l’âme et j’y reconnais quelque chose de mon propre rythme.

 

1.Maurice Maeterlinck, Introduction à une psychologie des songes et autres écrits, 1886-1896, AML éditions, 2024.

2.Il existe un intéressant article en ligne de Sylvie Ballestra-Puech : “Le tragique quotidien et le théâtre de la répétition”, mais le site n’est pas toujours accessible.

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En lisant des Semaisons de Philippe Jaccottet

… et en vous souhaitant une bonne année 2026.

Juillet 1956

Les hirondelles infatigables ; et derrière, qu’on ne voit pas, les étoiles dans leur apparence tranquille.

Août 1956

Je crois bien que mon désir serait tout bêtement d’être éternellement mortel… ce qui est le plus bel hommage que l’on puisse rendre à la vie.

 

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