Pendant les récentes canicules, je composais dans ma tête une anthologie comme celles que je lisais dans ma jeunesse : Histoires de doubles, Histoires de fantômes, etc. publiées chez Presses pocket.
La mienne s’appelait Histoires de froid, et elle commençait par la nouvelle de Robert Walser intitulée Neiger :
Il neige, il neige. Il neige tout ce que le ciel contient de neige, et c’est considérable. Sans arrêt, sans début et sans fin. Il n’y a plus de ciel, tout est chute de neige grise, blanche.
Cette répétition de “neige” était pour moi comme l’appel d’air d’un éventail.
Sans tenir compte du dénouement tragique de la plupart de ces histoires de grand froid – Robert Walser est d’ailleurs mort dans la neige – je terminais mon anthologie rafraîchissante par une nouvelle extraordinaire de Jon Fosse publiée en français au mois de février dernier :
C’est le monologue d’un homme qui abandonne sa voiture sur un chemin pour s’enfoncer dans une forêt enneigée :
Il faut que je me repose un peu. Mais est-ce bien raisonnable ? J’ai trop froid, je tremble même. Mais je suis si fatigué. Il faut que je me repose. Je m’assieds sur la pierre. Et je me sens toujours aussi fatigué, je tremble tout autant. Maintenant que je suis assis, je grelotte même plus fort que tout à l’heure.
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Quand arrivera le mois de janvier, je parlerai peut-être d’un roman de Ramuz : Présence de la mort, où une sécheresse prolongée transforme la Suisse en brûlant désert, dystopie d’une stupéfiante actualité résumée ainsi par les éditions Zoé :
En 1922, C.F. Ramuz ne pouvait songer au réchauffement climatique ni même à l’effondrement de la société post-industrielle. Mais le tableau qu’il dresse dans ce roman d’anticipation est plus que jamais devant nous : sous le coup du cataclysme, le délitement de l’ordre social et des liens qui le sous-tendent annoncent la fin de l’expérience humaine telle que nous la connaissons.
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En attendant ces apocalypses, je nous emmène respirer un air du large et de cornemuse, avec une vidéo prise par Louise lors de notre promenade d’hier soir sur la plage.












