Sur l’habitude de lire les fautes d’orthographe

Au fil des ans et des jours et des heures je règle ma lunette d’approche sur  les diverses sortes de fautes d’orthographe.

– Fautes sur les copies d’élèves, sur les brouillons et manuscrits d’amis (sans oublier les miens) : regard d’aigle, se voulant aussi aigu que la pointe bic qui guette, souligne et apostille.

– Fautes sur les mails, textos, posts Facebook et sur tout ce qui porte des noms anglais : regard mou, transversal, concentré sur l’intention du message car les temps sont ce qu’ils sont. J’écris, tu écris, nous saisissons nos textes sans tenir compte des asticots bleus et rouges qui se tortillent sous nos mots. Nos curseurs clignotent et nos pouces dérapent du s au q et du j au k de nos smartphones posés sur nos leggings et nos jeans skinny dans les soubresauts du métro.

– Fautes sur les panneaux de signalisation des routes, des gares, des noms de villes, de rues, de magasins : regard étrangement inquiet. Où ? Qui ? Quoi ?

– Fautes sur les gros titres du Monde, sur les beaux et bons livres : mes narines se pincent comme si je respirais l’odeur d’un pet dans une parfumerie.

– Fautes volontaires des poètes qui aiment mettre la langue en pénitence : mon regard se veut accueillant, mon estomac se contracte, j’abandonne.

– Fautes involontaires des vestales de la langue qui s’indignent du relâchement de l’orthographe : mon œil se cligne et je retiens un mauvais sourire.

– Etc.

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