Génophobie

Certaines personnes aujourd’hui s’intéressent à des aïeux disparus et mènent des enquêtes pour les retrouver. Je les comprends mais j’ai la tendance inverse pour des raisons assurément inverses : gavée d’hagiographie familiale guerrière, affublée d’un arbre généalogique sans exotisme, d’une suspecte homogénéité, où les filles ne figuraient que par une initiale, je suis devenue durablement « génophobe », si on peut désigner ainsi l’allergie respiratoire aux ancêtres, aux racines, et par extension à tout ce qui est de nature identitaire et nationaliste. Comme un personnage du dramaturge Alberto Conejero j’affirmerais volontiers que le nationalisme est la version collective de l’inceste.

À propos de généalogie, j’en profite pour dire que l’expression « Les chiens ne font pas des chats » me chiffonne. Je veux pouvoir être chat ou buffle si ça me chante, et que mes descendants soient perruches ou chimpanzés si ça leur convient.

Car on ne naît pas singe, on le devient, et c’est en singeant que l’on devient singe.

― C’est plus compliqué qu’ça, claque le bec d’une pie.

― Voâââre, bâille une corneille en passant.

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