Autres petites notes

Divagation
Dans le dictionnaire Robert, le mot qui suit divagation est divaguer, bien sûr, puis c’est divan. Le mot qui suit divan est dive bouteille. Il y aurait un poème à faire avec ce matériau, moins mallarméen que psychanalytico-oulipien.

Manières d’aimer un auteur
Nathalie Sarraute est profondément incrustée en moi mais je ne voudrais en rien imiter son rythme, ses points de suspension, sa musique. Curieux comme on peut avoir quelqu’un dans la peau sans adorer son grain de peau.

La prose de Robert Walser me rend à mon enfance allègre et son éloge de l’immaturité m’enchante : « Dans la vie, la sagesse suprême c’est la joie de vivre, celle d’exister ici-bas, c’est-à-dire, autant que possible, rester immature. Le défaut de maturité renferme bien plus de virtualités de vie que son excès. » (Sur quelques-uns et sur lui-même, p. 74).

J’ai un type de familiarité particulier avec Michaux : je ne comprends pas toujours rationnellement ce qu’il dit et je n’ai pas toujours envie d’aller aux pays où il m’embarque, mais sa langue m’est familière, les mots qu’il emploie ont la saveur de mon français de toujours. Les mots de Michaux me donnent à l’âme un « picotis » (mot de Michaux). Il est possible que je retrouve dans les créations verbales de Michaux quelque chose de la parole spontanée de maman. Il me met dans l’intime d’une langue maternelle.

 

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