Langues maternelles

« N’y a-t-il pas dans toute langue dite étrangère une part qui nous est familière ? » dit Mireille Gansel dans un entretien avec Florence Trocmé, « … des langues autres que la langue maternelle et que nous ne parlons pas, que nous ne comprenons pas, mais dont la sonorité, les accents, les intonations, nous sont soudain étrangement si familiers dès qu’on les entend ». Mireille Gansel – avec son oreille de traductrice – a l’art de toucher aux questions les plus passionnantes. Toutefois la langue à laquelle elle fait ici principalement référence est le hongrois, langue du père qu’elle entendait de temps en temps dans son enfance sans qu’il la lui apprenne.

Mais que dire du sentiment de familiarité d’une langue que l’on n’entendait pas dans l’enfance et qu’on ne parle absolument pas ? Je l’éprouve avec le russe que j’ai envie d’appeler « langue natale », comme si j’avais été bercée par une nounou russe,  ou comme si le russe était la langue commune à toute l’humanité avant Babel. Peut-être cet aspect maternel et viscéral des sonorités du russe (que je ne sais décrire précisément) a-t-il contribué à rendre cette langue particulièrement nostalgique et littéraire.

En lien, la manière stimulante dont André Markowicz parle pour la revue Vacarme de sa traduction de l’oeuvre de Dostoïevski. L’article s’intitule : « La voix de Dostoïevski »  https://vacarme.org/article2048.html

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *