Dernières notes autour d’Obiégly

Empêchement

Ses personnages ont besoin d’un empêchement qui n’est peut-être que ce qui la stimule elle-même pour écrire. La « puce électronique » dans le cerveau du narrateur de son dernier roman, Une Chose sérieuse, désactivée le dimanche, le pousse à déverser son récit ce jour-là. Peu importe que cette puce ait « réellement » été implantée par la tyrannique Chambly ou que le narrateur paranoïaque se l’imagine : il lui faut l’idée d’une puce empêcheuse pour écrire.

Voir si cet empêchement n’a pas une fonction comparable à celle de la « complication » dont Henry James a besoin pour narrer.

Comme un chien

« Ce livre est comme un chien que j’ai rencontré une fois », dit Gaëlle Obiégly sur la quatrième de couverture d’Une chose sérieuse. Elle seule sait exactement ce qu’elle veut dire par là. Je n’ai pas souvent emmené ma chienne Tila au marché car elle s’enivrait des odeurs qui lui foisonnaient dans les narines : poissons, viandes, fleurs, fromages, épices, gens qui passent… On ne la tenait plus. Si Tila avait écrit ses mémoires, quelle syntaxe pour lier toutes ces odeurs et pour traduire son conflit entre l’ivresse envahissante et le désir faiblissant d’obéir à son maître ?

Un livre « comme un chien », je l’imagine confus, sautant, mordant, odorant, prêt à lâcher son maître.

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