Sincérité et justesse

Pour continuer sur la sincérité de Gide, un extrait de ce livre, commenté pour le site Fabula.org par Paola Codazzi :

https://www.fabula.org/acta/document12100.php?fbclid=IwAR3zsJApiFWoW3351FHNq2nLixy87cOlPfTEZeBZMIRYmhIq2mmYeQbmo00

La morale dépend de l’esthétique, affirme Gide. Mais quelle est cette morale ? En 1890, il essaie pour la première fois d’en donner une définition : « Ne pas se soucier de paraître. Être seul est important » (« Journal »). Dans les années suivantes, « la complaisance à son entourage, mais aussi la difficulté de soumettre exactement sa plume à sa pensée, et encore l’impossibilité de dire d’un coup les facettes contradictoires de son esprit — explique P. Masson — lui font voir comme cruciale la question de la sincérité ». Une question qui marque profondément le projet journalier, ainsi que l’ensemble de sa production fictionnelle, où l’idée de fausse monnaie joue un rôle clé. « Mentir aux autres, passe encore ; mais à soi-même ! », s’exclame le narrateur des « Faux-monnayeurs ». Chaque texte de Gide est une mise en garde contre l’hypocrisie et un appel à « savoir être soi ».

Finalement, ce que Gide nomme « sincérité » est peut-être l’équivalent de ce qu’Antoine Emaz nomme, de façon à peine moins morale, « justesse » dans Cuisine :

« L’adéquation profonde entre ce qui fait dire et la forme du dit ».
Et :
« Au fond, on ne demande à un poète, et peut-être à tout écrivain, que de parler sa langue.»

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