Deux notes de mars

Je sais trop

Je sais trop d’où je viens
et ce n’est pas moi
d’où je viens n’est pas moi
et pourtant

Bonhomme de chemin

Il y a une jolie expression que l’on n’entend plus beaucoup en français : suivre son petit bonhomme de chemin. Selon le dictionnaire CNRTL, c’est “ne pas se détourner de la conduite qu’on a commencé à tenir”. C’est avancer seul en plaçant nous-mêmes nos  cailloux sur notre route. Et  j’ai envie de relire Le Petit Poucet.

Gustave Doré, gravure pour les Contes de Perrault.

Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons. L’aîné n’avait que dix ans et le plus jeune n’en avait que sept. On s’étonnera que le bûcheron ait eu tant d’enfants en si peu de temps ; mais c’est que sa femme allait vite en besogne, et n’en faisait pas moins que deux à la fois.

Ce détail inattendu − pas très obligeant pour la bûcheronne et pas très utile pour la marche du conte − m’a fait éclater de rire. Car suivre son bonhomme de chemin quand on écrit et quand on lit, n’est-ce pas aussi divaguer, flâner, se laisser surprendre, s’arrêter ici ou là pour cueillir des cornouilles et des mûres ?

 

 

 

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