Être guéri

Beaucoup de gens se plaignent beaucoup quand ils ont mal quelque part mais ne se réjouissent jamais quand ils n’ont plus mal. On ne les entend pas s’exclamer : « Ah, quelle joie ! Je suis enfin guéri ! » On dirait qu’ils craignent d’effrayer la santé avec leurs exclamations, ou que la santé est une chose tellement normale qu’elle ne s’annonce pas et ne se commente pas, ou qu’ils regrettent de ne plus être dans un état souffreteux dont ils tiraient égards, avantages, et prétextes à différer ce qu’ils devraient ou voudraient faire. Si vous demandez : « Alors, tu es guéri ? » on vous répond, en dodelinant de la tête d’un air dolent, un « oui » qui ressemble à un soupir.

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