Don Quichotte et le vice

Illustration de Gustave Doré

Il est dommage que les mots « vice », « vicieux », « vicious », « vicioso » soient tombés en désuétude. Finies, les délices visqueuses du vice. Notre siècle est puritain.

Le seul vice qui empoisonne le coeur, dit don Quichotte, chevauchant et philosophant en compagnie de Sancho, c’est l’envie : « Tous les vices, Sancho, apportent avec eux un je-ne-sais-quoi de plaisir, mais l’envie n’apporte que désagrément, rancœur et dépit » (Don Quichotte II, 8).

Le chevalier enchaîne sur le désir de gloire, avec l’histoire d’une femme dévorée d’envie, outrée de ne pas figurer sur la liste de femmes de mauvaise vie établie par un célèbre satiriste. Elle aimait mieux se voir jouir d’une innommable renommée (« verse con fama aunque infame ») que de rester invisible.

Ce vice-là n’est pas tombé, dans notre siècle, en désuétude. Mais ce n’est plus un vice.

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