Inanes

Parfois un mot d’un texte arrête mon regard comme un chien que je voudrais adopter dans une fourrière. En me promenant sur le site Poezibao, je suis tombée sur cette phrase du carnet Apostumes de Jean-Luc Sarré : « J’ai écarté sans hésiter toutes les notes prises ce jour tant elles me semblaient inanes », et j’ai emporté inanes avec moi.

l’aspect misérable d’inanes, si proche de naines, plus proche encore d’insane, me touche beaucoup et me donne envie de lire Jean-Luc Sarré.

Ce ne serait pas la première fois  que j’approche un poète par ses notes. Ce ne serait pas la première fois non plus que je découvre un poète sur un mot.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Inanes

  1. Claude Ferrandiz dit :

    Jean-Luc Sarré était né à Oran en 1944. Il vivait à Marseille depuis 1968. Il participa aux premiers numéros de la revue Sud de Jean Malrieu et publia ses poèmes dans des revues comme Argile, Port des Singes, Europe et Action Poétique. Ses recueils furent publiés par Orange Export Limited, Flammarion, Fourbis-Farrago, La Dogana et Le Bruit du Temps. Il est décédé du cancer le 3 février 2018 à Marseille.

    Je l’ai découvert grâce à Antoine Jaccottet qui a créé la maison d’édition Le Bruit du Temps (66 Rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris). J’aime ses carnets, je suis moins sensible à ses poèmes.

    Quelques-uns des livres de Jean Luc Sarré:
    Extérieur blanc, Flammarion, 1983 (poèmes).
    La Chambre, Flammarion, 1986 (poèmes).
    Les Journées immobiles, Flammarion, 1990 (poèmes).
    Rurales, urbaines et autres, Fourbis, 1991, repris dans Comme si rien ne pressait, La Dogana, 2010 (carnets).
    Embardées, La Dogana, 1994 (poèmes).
    Au crayon, Farrago, 1999, repris dans Comme si rien ne pressait, La Dogana, 2010 (carnets).
    Affleurements, Flammarion, 2000 (poèmes).
    Bardane, Farrago, 2001 (poèmes).
    Poèmes costumés, Farrago, 2003 (poèmes).
    Bât. B2, Farrago, 2006 (poèmes).
    La Part des anges, La Dogana, 2007 (poèmes).
    Autoportrait au père absent, Le Bruit du temps, 2010 (poèmes).
    Comme si rien ne pressait, Carnets 1990-2005, La Dogana, 2010 (carnets).
    Ainsi les jours, Le Bruit du temps, 2014 (carnets).
    Poèmes costumés suivi de Bât. B2, Le Bruit du temps, 2017 (poèmes/poche).
    Apostumes, Le Bruit du temps, 2017 (carnets).

    Jean-Luc Sarré, Ainsi vont les jours:
    «J’ai peu fréquenté l’espoir mais assez cependant pour le reconnaître sous les traits de son absence.»
    « Voici des années que je ne vis plus grand-chose, pour ne pas dire rien, mais souvent très intensément.»
    «Les solutions sont des réponses, je préfère les questions.»
    «Mon but? Il m’atteindra tôt ou tard.»
    « Oran. Eté 43. Etre le fruit d‘une négligence, une faute d’étourderie, une coquille, un cuir, un lapsus…c’est, au bout du compte, plutôt léger à porter. J’aurais trouvé plus contrariant qu’on ait pu «me vouloir».
    «Le mal du pays? Je suis né avec.»
    «Visiterais-je plus souvent ma jeunesse algérienne si elle n’était synonime de lumière brutale? Ce n’est peut-être là qu’un prétexte ou une raison parmi tant d’autres ou bien encore une sujétion car, dans cette lumière, baignent nombre de mes souvenirs. (Devant la fenêtre alors que tombe la pluie)»
    «Les jours rallongent et je ne suis pas prêt.»
    «On vit (…) le désespoir, mais on ne vit pas l’absence d’espoir…»

    Jean-Luc Sarré, Apostumes:
    «Est-ce par ce qu’il m’est arrivé de me sentir culpabilisé par l’histoire que je n’emploie jamais l’expression «terre natale»? (…) Ne pas appartenir.»
    «Me voici devenu un vieux con. Ça devait finir ainsi. Un évolution tout ce qu’il y a de plus logique quand je considère le chemin parcouru. En être conscient est une bien maigre consolation.»
    «Non seulement je n’ai pas tiqué mais nous avons franchement ri, avec Ch. qui connaît mes origines, quand il a parlé du cancer du colon.»
    «Si je me sens exilé, aujourd’hui comme toujours, ce serait plutôt de naissance. Je considère moins l’Algérie comme ma terre natale que comme l’espace où se déroula une jeunesse heureuse. En même temps, il est rare que je perde une occasion de signaler mes origines, une façon «d’être un peu moins d’ici». Rassurant exil perpétuel.»
    «Je n’ai pas grand-chose à entendre de personnes à qui je n’ai rien à dire.»

    Publié sur mon blog en mars 2018. Mon père est né à Oran dans une famille espagnole…

    http://www.lesvraisvoyageurs.com/2018/03/

    • Jolines, Claudio, que d’informations précieuses vous me donnez là ! Ce poète a quelque chose de sombre et d’acéré qui attire et effraie. Merci également de m’avoir fait découvrir votre excellent blog que je vais ajouter à mes liens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *