Autres notes d’automne

A Paris

Genou à terre, sans tête et sans pieds, cette figure du renoncement était abandonnée sous un platane du boulevard Richard Lenoir.

La voix de maman

Maman avait une voix assortie à sa peau : douce, brune, tiède, malléable, qui nous tapissait comme une boue.

« Terra mater ! », s’exclame Michelet, dans La Montagne, en parlant des bienfaits de ses bains de boue en Italie, où il s’est « inhumé pour revivre » après la rédaction des pages de l’Histoire de la Révolution sur la Terreur.

Asticots

Samuel Beckett dit que la compréhension « c’est des asticots ».
Longtemps vouloir comprendre m’a asticotée, même quand il n’y avait rien à comprendre. Aujourd’hui j’essaie de creuser sans forcément comprendre.

Magie de la lecture (rêve nocturne)

Dans un autobus je lis un roman anglais avec un personnage principal et son frère. Et je vois dans le bus, à côté de moi, ou plutôt sous moi, le frère dont je viens de lire la description.

 

 

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2 réponses à Autres notes d’automne

  1. robinet dit :

    J’ai eu le bonheur de bien connaître Huguette de Courson, ta mère, dont la voix, la grâce, font partie pour moi d’un territoire de bienveillance et de douceur. Je suis heureux de trouver ici la possibilité de lui rendre hommage. Faut-il l’associer à cette figure du renoncement que tu évoques ? Peut-être! Nos mères étaient d’une époque où on leur demandait de servir de faire-valoir à leur époux et de se replier dans les tâches contraintes du service et du dévouement aux enfants (familles nombreuse catholiques!).
    Je pense que nous avons fait des progrès depuis ce Moyen-Âge obscurantiste et que finalement ce monde que j’aime peu, vit plus librement qu’autrefois!

    J’avais oublié ou pas remarqué l’expression de Beckett : « c’est des asticots ». Je vois bien ce qu’il veut dire. Mais il avait une prédilection pour les enfouissement sous le sol.!
    Je n’aime pas les asticots, même du temps où il fallait les accrocher à nos lignes de pêche, quand Maman (la mienne) essayait de nous occuper ainsi sur la digue du port de St Jean-de-Luz. On peut s’efforcer de comprendre de manière moins répugnante!

    Tu vois, je refais surface! Un abrazo

    • Tu as l’art de tisser des liens que je ne soupçonnais pas dans mes notes disparates ! A vrai dire, oui, il y a eu un renoncement de ma mère, les dernières années.
      Je viens de chercher “Beckett” et “asticots” sur Internet, car je crois que j’avais lu cette citation lors d’une exposition au Centre Pompidou. Voici ce que j’ai trouvé aujourd’hui (lettre déprimée de 1937 à un confident ) :
      “Autrefois (…) je fouillais les sables du psychisme pour y trouver les asticots des goûts et des préférences – plus maintenant. Les asticots de la compréhension”. Il fait aussi des métaphores sur les limaces que je t’épargne aujourd’hui !

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