Ping pong de décembre

Espèces d’air

Il y a des jours où je remarque dans la physionomie des gens des espèces d’air que je n’ai pas le temps ou l’envie de qualifier (ils seraient plus vite et mieux mimés par un comédien).
Un exemple récent :
Je marche dans la rue. Un petit garçon me dépasse en trombe sur une trottinette. Derrière moi le père parle avec un autre adulte. Il crie à son gamin de ralentir. Le petit rebelle crie plus fort en roulant plus vite : « Y’a pas que toi qui es le chef, y’a plein de papas, plein d’autres chefs, plein d’autres papas qui sont les chefs ! » Je ris, me retourne et dis au papa: « Et les mamans, elles ne sont pas cheffes ? »
A l’espèce d’air du père et de son compagnon je comprends que ma remarque est à côté de la question (ou indiscrètement dans la question).

Si je devais définir l’espèce d’air en général : c’est comme une légère buée qui flotte autour des gens. Ou une petite musique qui passe aussi vite qu’une trottinette.
J’en ai déjà parlé ici, c’est un de mes sujets préférés. En voici une série de 2019 sur ceux des visiteurs de musées : https://patte-de-mouette.fr/2019/07/02/especes-dairs/

Ping

Si on suit le lien ci-dessus, on trouve sur le billet de juillet 2019 un ping vers celui d’aujourd’hui. Le ping est un rebond, ou une sorte de contre-écho appartenant à la chronologie inversée des blogs. Ce terme d’informatique me plaît beaucoup et je veux m’en faire une métaphore sans savoir encore très bien de quoi.
Ping n’est pas un nom chinois mais une onomatopée, puis l’acronyme de « Packet Internet Groper ». « Groper » signifie « tripoteur », « peloteur ». Tripoter les livres et peloter des paquets de mots dans tous les sens, voilà qui me convient.

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7 réponses à Ping pong de décembre

  1. marie-paule Farina dit :

    tripotage, pelotage, reprendrais-tu Nathalie le vocabulaire du patriarcat!!! 🙂

  2. marie-paule Farina dit :

    🙂

  3. Dany Pinson dit :

    To grope the packet ? Oh dear, on quitte le champ de la poésie pour celui de la gaudriole.

    • M’sieur Lopez, c’est pas moi, c’est David Mills, éminent professeur d’informatique dans le Delaware, dit Wikipedia : “Le nom est tiré de l’onomatopée décrivant le son émis par un sonar puisque leur action est similaire (émission d’un signal qui vient rebondir sur une cible pour revenir à l’envoyeur)2. Par la suite, David L. Mills a fourni un rétro-acronyme : « Packet InterNet Groper ».

  4. robinet dit :

    Les airs, les rencontres légères, les étonnements devant les petites différences qui font le charme de notre diversité; tout ce qui fait que jamais promenade ne ressemble à une autre et qu’on puisse oser sans crainte forcer les portes d’un Musée. Tout cela me touche, mais au lendemain du documentaire qu’Arte a consacré à Katyn (1940) et à l’horreur des massacres en masse; après ces documents dont la cruauté pulvérise l’abstraction des chiffres, j’ai du mal à émerger dans la vie souriante ordinaire. Je suis hors sujet, mais l’homme ce matin me fait encore trop peur. La violence qui éructe sur les médias brouille le charme des nuances . Mais tu as raison, il faut croire en la poésie! Un abrazo

    • Pour faire un ping sur l’éloge de la promenade quotidienne, voici une des dernières citations de mon cahier (de Joël Cornuault, via Jacques Lèbre) : ” (…) l’aspect général nous étant désormais bien connu, nous savons acclamer sur la route le plus petit fait nouveau à nous seul perceptible ; nous aimons entrer dans les détails sur ce chemin sans inquiétude, propice à la réflexion. Voilà une promenade qui est toujours la même et toujours une autre.” Un abrazo

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