Revenant de l’enterrement d’un ami, je traverse le Père-Lachaise un peu distraitement – comme souvent lorsqu’on vient de quitter un lieu de deuil − quand un nom sur une tombe retient soudain mon attention. Est-ce possible ? Pas un hommage, pas une fleur, pas une inscription hormis le strict nécessaire. C’est pourtant le “vrai” Marcel Proust, les dates correspondent…
Une visite sur le site Internet du Père-Lachaise m’apprend : “Entièrement refaite et modernisée, suite à un attentat dévastateur qui visait en réalité une tombe voisine, la sépulture de Marcel Proust est un modèle de sobriété”.♣
Je poste sur Facebook ma photo bancale qui m’attire beaucoup de pouces levés et un beau commentaire de Dominique Zinenberg :
Cette sobriété m’émeut. Elle dit aussi que son oeuvre est actuelle, dépouillée de l’écume apparente des jours.
Ce qui tend à contredire une réflexion mélancolique du Temps retrouvé :
On accepte la pensée que dans dix ans soi-même, dans cent ans ses livres, ne seront plus. La durée éternelle n’est pas plus promise aux oeuvres qu’aux hommes.
♣ D’autres sites disent que la tombe d’origine avait été endommagée lors de la 2ème guerre mondiale, et refaite bien avant l’attentat “anti-spirite” qui eut lieu en 1978.
