Comme on fait son lit on se couche

Ça va faire bientôt 10 ans que je n’enseigne plus. Ce matin, en faisant mon lit, je pensais à certains parents d’élèves dédaigneux : « Elle rabâche tous les ans les mêmes classiques. Molière, Racine… Elle pourrait pas introduire des trucs un peu plus nouveaux ? »

J’adorais reprendre les mêmes œuvres : Dom Juan, Phèdre, Le Bateau ivre, Les Fleurs du Mal. Et même si je les commentais sans doute à peu près de la même manière, j’avais toujours l’impression que c’était aussi vif que la première fois. Je relisais – et je relis encore – Molière et Baudelaire avec autant d’enthousiasme qu’un musicien qui interprète une partition. Un musicien, ça répète. Un comédien aussi. Un professeur aussi.

Et pour honorer le titre de ce billet, j’ajouterai que j’introduisais aussi chaque année des auteurs nouveaux, avec le plaisir frais que l’on a quand on change les taies des oreillers.

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