Contention

De mauvais souvenirs peuvent s’insinuer en nous par des mots déplaisants. J’ai une antipathie pour le mot contention, lugubre dans ses hypocrites nasales : « Nous mettons le patient sous contention » veut dire qu’on attache un fou furieux dans son lit.
Même l’aigre contentieux m’est moins désagréable que contention.
Pour me faire rire d’une contention il me faut Raymond Queneau.

Dialogue entre le Poète des Cigales et son admirateur, le rêveur éveillé L’Aumône :

— Et votre épicalame pour le mariage de mademoiselle Offroir et du jeune Morelien jeune and C°, ce que ça pouvait être émouvant.
— Je fais de mon mieux.
— Et l’églogue sur la guinguette au père Pou : désopilante !
— Je concède qu’elle est bien venue.
— Vous pouvez faire des poèmes sur tous les sujets.
— Même sur les chaussettes. Ça se chante aussi, la chaussette.
— Je me demande comment ça vous vient l’inspiration ?
— En général en me retenant d’uriner.
— Il y a un rapport ?
— Un rapport certain. De contention.

(p. 27-28)

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1 réponse à Contention

  1. La chute est très drôle, plus que le sens du mot lui-même, pas très gai comme dans les bas de contention, utilisés pour faciliter la circulation sanguine après une opération ou quand on vieillit, et là enjolivés par des poèmes…
    Bonnes fêtes Nathalie !

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