Respirer seulement

En annexe du billet précédent sur le goût de vivre qui se dégage du dernier livre de Jacques Robinet, cet inoubliable début de L’Homme des foules d’Edgar Poe :

(…) Il n’y a pas longtemps, sur la fin d’un soir d’automne, j’étais assis devant la grande fenêtre cintrée du café D… à Londres. Pendant quelques mois, j’avais été malade ; mais j’étais alors convalescent, et, la force me revenant, je me trouvais dans une de ces heureuses dispositions qui sont précisément le contraire de l’ennui, — dispositions où l’appétence morale est merveilleusement aiguisée, quand la taie qui recouvrait la vision spirituelle est arrachée (…). Respirer seulement, c’était une puissance, et je tirais un plaisir positif même de plusieurs sources de peine. Chaque chose m’inspirait un intérêt calme, mais plein de curiosité.

Elégance,  simplicité, précision… “Respirer seulement, c’était une puissance”.

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3 réponses à Respirer seulement

  1. Edgar Allan Poe The Pit and the Pendulum, 1842

    « It was hope that prompted the nerve to quiver – the frame to shrink. It was hope – the hope that triumphs on the rack – that whispers to the death-condemned even in the dungeons of the Inquisition. »

    Traduction de Charles Baudelaire Le Puits et le Pendule, 1856

    « C’était l’espérance, – l’espérance qui triomphe même sur le chevalet, – qui chuchote à l’oreille des condamnés à mort, même dans les cachots de l’Inquisition. »

  2. robinet dit :

    “Respirer seulement, c’était une puissance”. Si vrai en ces temps d’orage, quand la pluie en fin nous délivre de la pression atmosphérique étouffante. Avec quelle allégresse la nature se redresse ! J’aime bien l’idée (voir ci-dessus) que c’est l’espérance qui triomphe.
    C’est étrange cette “puissance” toujours prête à bondir….
    Un abrazo

  3. Merci à vous deux pour vos beaux commentaires réconfortants.

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