
Jorge Luis Borges raconte qu’un savant excentrique anglais du XVIIème siècle, John Wilkins, a essayé d’établir les principes d’un langage mondial.
L’entreprise laisse sceptique l’écrivain argentin :
Nous avons tous été victimes, un jour ou l’autre, de ces débats sans recours où une dame, à grand renfort d’interjections et d’anacoluthes, jure que le mot luna est (ou n’est pas) plus expressif que le mot moon. (Enquêtes, Gallimard, p.126.)
Il préfère écrire (« La Lune », L’Auteur et autres textes, L’Imaginaire/Gallimard, p. 139.) :
Je sais que la lune ou que le mot lune
Se compose de lettres inventées
Pour la complexe écriture de cette espèce
Étrange que nous sommes, nombreuse et une.
Mais moi, simple “dame”, me laissant déborder par ma fantaisie interjectionnelle et Continuer la lecture →