Sur le roman « Où allons-nous ? » d’Ana Tena Puy

Où allons-nous ? Traduit de l’aragonais (ribagorzano) par Nathalie de Courson et Marina Sala

http://www.laramonda.com/

Ce roman que nous avons eu le plaisir de traduire, Marina Sala et moi pour les éditions de la ramonda, est l’histoire d’un vieillard solitaire, habitant un de ces villages isolés au pied des Pyrénées qui furent désertés à partir des années 50-60.

Dans un monologue découpé en 8 journées, le grand-père réfléchit, se plaint du vent et de la neige, se révolte, se raisonne, se résigne, et se souvient de son mariage, des vendanges, du partage des terres, des parties de chasse, de la guerre civile et de beaucoup d’autres choses.

Où allons-nous ? est un récit qui touche, une élégie bourrue où transparaît la mélancolie de son auteur. « Ta óne im », demande Ana Tena Puy en son aragonais rugueux et savoureux. Où allons-nous : où nous voudrons ? Où nous ne voudrons pas ?

Voici un extrait de la septième journée :

Je ne fais que dire n’importe quoi. Mais est-ce que j’ai mieux à faire que de penser, pendant que je marche à tous petits pas vers la maison ? Après tout, je peux même décider que je suis le roi d’Espagne, voyons qui me dira le contraire… Mais non. Je dois faire attention de ne pas perdre la raison, parce que là c’est sûr que je serais complètement fichu. Il vaut mieux que je garde les pieds sur terre et que je me distraie avec des choses bien réelles… Comme ces osiers, au bord du chemin, qui n’ont pas été taillés depuis des années et qui bouchent presque tout le passage. Le travail, si j’en cherche, j’en ai plus qu’il ne m’en faut.

 

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2 réponses à Sur le roman « Où allons-nous ? » d’Ana Tena Puy

  1. Il y a quelques années, je suis allée dans ces villages abandonnés, où l’on pouvait voir les restes de la vie des habitants dans les maisons ouvertes à tous les vents, l’église et l’école à moitié effondrées. Je me souviens de l’un d’entre eux dont la rue principale montait en colimaçon vers l’église qui dominait la vallée. Des oiseaux (des corbeaux peut-être) volaient en cercle autour du clocher et on entendait les aboiements de chiens invisibles… Dans un autre, le dernier habitant était un vieux monsieur qui n’avait plus de dents, ce qui le rendait difficilement compréhensible. Il y avait des rideaux aux fenêtres de sa petite maison et quelqu’un lui apportait à manger. Ces souvenirs me donnent envie de lire ce livre…

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