C’est le titre d’un livre récent de Jacques Ancet.
Fidèle à ma pratique, je l’ai ouvert au Marché de la poésie à n’importe quelle page et suis tombée sur :
Couché, on croit savoir mais on n’en sait pas plus.
La nuit
Ne porte pas conseil. Au contraire. Elle vous met la
tête à l’envers.
Un élan d’affection m’a donné un petit rire et j’ai lu la première page. Je ne comprends pas toujours pourquoi les poètes parsèment leurs pages d’espaces blancs, mais j’en ai trouvé ici la nécessité évidente. Celle des majuscules aussi, comme autant de petits départs.
J’ai acheté le livre. De tous ceux que j’ai achetés la semaine dernière (maintenant presque tous lus), c’est celui qui me touche le plus.
L’exergue, de Paul Valéry, dit : La beauté c’est ce qui nous désespère.
On est loin de la célèbre phrase d’un personnage de Dostoïevski — un peu vite attribuée à son auteur — et qu’on se répète pour se rassurer : La beauté sauvera le monde.
La beauté n’a jamais rien sauvé et ne sauvera jamais rien.
Ce n’est pas une raison pour ne pas chercher à la frôler :
La beauté est trop violente comme la douleur. Ne la regarde pas.
Ou si tu la regardes, oublie ce que tu vois, garde seulement
Les ombres et la lumière avec ce qui fuit et que tu ne reconnais plus.
Garde le vent qui t’enveloppe mais que tu ne vois pas.
Tu ne sens que ce frôlement et ce léger désespoir qui te guette toujours…
J’en resterai là pour aujourd’hui car ce blog doit rester, lui aussi, léger comme un petit coup de patte
(mais je tiens en réserve d’autres commentaires pour ici ou pour ailleurs).














