Il m’arrive de profiter de ce blog pour tenter de résoudre mes problèmes de traduction et je n’ai jamais été déçue de vos suggestions !
Il s’agit aujourd’hui d’un poème d’Estela Puyuelo intitulé Eva : une nouvelle Ève, délivrée de tout péché originel, aime déambuler seule chez elle, nue ou dans sa vieille robe de chambre de feutre. La fin du poème dit :
(…) paseo como Eva/en el paraíso de andar por casa.
Ce qui donne en français :
je me promène comme Eve /au paradis du…
Littéralement « andar por casa » signifie « marcher, se promener dans la maison ». Mais l’expression « de andar por casa » qui s’applique à des vêtements de tous les jours, des repas sans tralala, des pantoufles un peu avachies ‒ bref, à tout ce qui est familier, ordinaire ‒ n’a pas d’équivalent direct.
J’ai mis d’abord : « au paradis du sans apprêt », mais c’est plus sophistiqué en français qu’en espagnol. Puis, dans un moment d’égarement ravi (comme il s’en produit quand on croit avoir résolu un problème), j’ai remplacé par : « au paradis des pantouflards »…
Surtraduction frisant le contresens : « pantouflard » a une connotation péjorative tout à fait absente du texte espagnol. Je suis donc revenue à « sans apprêt », après avoir essayé : « de l’ordinaire », « du sans-façon », « de tous les jours ».
À moins que : « au paradis des casaniers », ou « des sédentaires »… ?
Si l’un d’entre vous trouvait mieux, ma reconnaissance serait grande !

Voici une anecdote que je viens de lire dans le Journal D’Hélène Hoppenot, 31 décembre 1946.









